Préface Nathalie LAURO

 

"Didier Colpin, un poète, un musicien…

J'ai la chance, depuis quelques mois, de le connaitre et d'échanger de temps en temps des idées sur nos goûts musicaux et artistiques qui se rejoignent bien souvent. J'apprécie de recevoir quotidiennement un de ses poèmes, toujours parfaitement rimés et rythmés en quatre, six ou huit pieds principalement et parfois aussi en beaux alexandrins qui apportent une agréable mélodie matinale. J'aime les nommer "Les douceurs de l'aurore".

 

Une poésie touchante de réalisme et d'humanité comme le prouve son engagement "Contre le racisme et l'intolérance" titre de son recueil paru en juin 2020. Il acte également pour promouvoir la poésie francophone grâce à son partenariat avec AFROpoésie.

Ses goûts musicaux nous transportent parfois dans un univers rock des 60's/ 70's avec des références à des groupes mythiques comme les Pink Floyd, les Beatles, les Who entre autres.

Dans l'œuvre de Didier en général, nous rencontrons un balancement entre rêve et réalité, entre passé et futur. Il y est question également de la vie et la mort, de l'humanité et la déshumanité, du vrai et du faux, du politiquement correct du leurre et de la quête du vrai...

Un recueil plus musical que jamais. "Poésie rock", rock comme rock n' roll et nous voilà dans le vif du sujet, la culture rock du XXème siècle, en partant d'Eddie Cochran et Jack Scott, en passant par Bob Dylan, les Beatles, les Who, en finissant par Oasis, Phil Collins. Mais aussi rock comme sa traduction française "balancer" qui reprend le style rythmique entre les thématiques de ce poète à l'âme de rockeur.

La première partie en prose est une peinture fidèle de la vie française dans les années 60 et le contexte socio culturel de cette époque. Les descriptions précises et très bien détaillées nous plongent dans un film. Nous vivons en même temps que ces jeunes, le changement de leurs goûts, de leurs personnalités, de leurs idées, de leurs vies. Comme Didier écrit :

"Difficile à concevoir aujourd’hui, mais pour tous ceux de ma génération, la découverte de cette musique fut un choc plus fort que si maintenant une soucoupe volante atterrissait en direct devant les caméras de CNN…"

Le choc de l'invasion de la culture rock et de la langue anglaise, le choc d'une nouvelle manière de penser avec de nouvelles idéologies mais aussi les dérives qui allaient avec, comme la drogue et la prostitution.

Le dernier paragraphe résume à lui seul tout cela.

"Auprès de quels gouffres suis-je passé sans pourtant jamais y tomber…

Et surtout, « Waiting for the sun » !

Oh oui !

Mais où est le Soleil ?

Combien de temps l’attendre ?

Comment le trouver ?"

 

Le texte est suivi du poème "Jeunes hier" qui reprend la ligne de la prose et les différentes étapes. Première strophe : l'arrivée de la vague rock dans une société stable dirigée par les adultes bien-pensants. Deuxième strophe : présentation de cette vague "Dans la nouveauté d'un son... Une nouvelle attitude... Troisième strophe : description du nouveau courant de pensée .Quatrième strophe : les réalités de la vie qui ont rattrapé les idéologies. Cinquième strophe : nous retrouvons cet idéaliste "Baba-cool" accroché à son passé, perdu dans le monde actuel qui ne lui ressemble plus.

Le titre de la partie poésie "Août 69 - août 2019" illustré du logo "Peace and love" est là pour prouver que malgré les nouvelles formes musicales implantées depuis, les nouvelles idées et les nouveaux comportements, la culture rock est toujours là avec son lot de chimères et ses riffs de guitare qui font toujours vibrer le cœur et le corps de ceux qui écoutent cette musique là.

"... L’argent comme la guerre

Sont toujours au pouvoir

Le monde est un foutoir...

... Mais le Rêve subsiste

Immuable idéal... "

 

Tous les titres des poésies sont des titres ou des paroles de chansons d'artistes comme Eddie Cochran, Janis Joplin, Bob Dylan, John Lennon, Johnny, Phil Collins, Oasis... qui couvrent toute la seconde partie du XXème siècle. Chaque décennie a eu son style. Didier cite en début d'ouvrage la phrase d'Eddie Cochran sur la musique rock qui « vient directement du cœur. Elle restera toujours populaire, même sous des formes modifiées. ». Il avait anticipé la longévité du phénomène Rock n' Roll.

Le fait que presque tous les titres des poèmes soient dans leur langue originale, l'anglais, permet de consolider encore plus cette relation poésie/ musique. Dès la lecture de ces titres, on est transporté dans la chanson qui s'y rapporte. Extraordinaire voyage dans le temps qui percute en un instant le cœur et les souvenirs immuables.

Dans ce recueil, tout est musique. Musique dans les rimes, le rythme des vers et dans la légèreté du style sans ponctuation (ou presque), habituelle chez Didier. La terminologie et les références musicales sont aussi présentes "Décoller au moindre riff" (Le rebord d'une onde), "Le blues par ses accords" (How many seas must a white dove sail), "Résistons à ce T-rex" qui fait référence au delà de l'animal au groupe T-Rex de Marc Bolan.

 

Son écriture est toujours très moderne bien sûr, lorsqu'il parle de "news" de "script de S.F", "d'imprimante 3D", de "Google image", de "rêve +++", de "very bad trip", de "stand by" mais également avec des mélanges linguistiques très actuels comme (‘Because the sky is blue’) :

"Content d'être amoureux

Autant que d'être heureux

‘Toujours’ à Toi se voue

Because the sky is blue"

que j'aime particulièrement et qu'il fallait que je cite absolument.

 

On trouve aussi ce balancement entre les thématiques récurrentes chères à Didier : le bien, le mal, le passé, le présent, le chimérique et la réalité. Les leurres de l'humanité sont ici aussi largement décrits :

"Les mondes parallèles

Savent habilement

Par de multiples zèles

N'être qu'un feu qui ment"

(‘What are we living for’) ainsi que le racisme, la discrimination, la haine en opposition à la tolérance, l'amour, la beauté et l'avenir.

Mais malgré ce balancement entre l'ombre et la lumière on termine par un beau message d'espoir (‘What a wonderful world’) :

"La Vie est une est un trésor

À tout jamais la Vie est belle

Puissions-nous tous d’un bel accord

Rejeter ce qui la morcelle…"

 

Au XXIème siècle on écoute encore le rock du XXème, d'une part parce qu'il n'y a pas eu de révolution musicale notoire au niveau du rock. On écoute encore Elvis, Janis Joplin, les Floyd, Led Zep... parce que les réponses à nos préoccupations et à nos attentes sont toujours les mêmes aujourd'hui. Des groupes mythiques des années 70/ 80 remplissent toujours les stades comme les Rolling Stones, AC/DC, les Scorpions... parce qu'on a toujours besoin de ces électrochocs de guitares, de lumières, de foules immenses vibrantes à l'unisson dans la même direction.

Même si les groupes que je viens de citer sont des groupes de hard rock leurs balades sont TOUTES émouvantes et empreintes de douceur, d'amour, d'humanité et de tolérance. Ils véhiculent TOUJOURS le même message depuis des décennies.

Je souhaite souligner que lors de la chute du mur de Berlin en novembre 1989, les Scorpions ont joué "Wind of change" pour célébrer la réunification du pays. Message d'amour et de paix qui avait ému la planète. Message d'amour et de paix qui fait toujours pleurer lorsque toute la salle chante à l'unisson. On n'allume plus les briquets mais la lumière des portables, modernisme oblige, pour créer une chaleur humaine qui enveloppe les cœurs et les âmes.

Alors même si de nos jours pour les jeunes générations, on passe pour des ringards, des "has-been" avec des idées désuètes et dépassées, au niveau planétaire la communauté est encore immense dans tous les niveaux sociaux, avec également beaucoup de jeunes. Le rock a encore de belles années à vivre en véhiculant ces messages  d'amour et d'humanité comme dans "Under the same sun" (Sous le même soleil 1993), "White dove" (La colombe 1995), et "Humanity" (Humanité 2007) - The Scorpions.

 

Ce recueil musical est une bouffée d'oxygène en ces temps de troubles, une bouffée d'humanité, de remise en question mais au dénouement heureux dans un monde merveilleux en fin de compte (What a wonderful world), dernier poème.

 

 N.L  novembre 2020" 

Préface Nathalie LAURO
"Didier Colpin, un poète, un musicien...
J'ai la chance, depuis quelques mois, de le connaître et d'échanger de temps en temps des idées sur nos goûts musicaux et artistiques qui se rejoignent bien souvent. J'apprécie de recevoir quotidiennement un de ses poèmes, toujours parfaitement rimés et rythmés en quatre, six ou huit pieds principalement et parfois aussi en beaux alexandrins qui apportent une agréable mélodie matinale. J'aime les nommer "Les douceurs de l'aurore".
Une poésie touchante de réalisme et d'humanité comme le prouve son engagement "Contre le racisme et l'intolérance" titre de son recueil paru en juin 2020. Il acte également pour promouvoir la poésie francophone grâce à son partenariat avec AFROpoésie.

 

Ses goûts musicaux nous transportent parfois dans un univers rock des 60's/ 70's avec des références à des groupes mythiques comme les Pink Floyd, les Beatles, les Who entre autres. J' aime particulièrement son poème Hair :je me souviens... qui témoigne de toute une époque. Nous plongeons en un instant dans l'esprit de la comédie musicale de même nom. Son titre mémorable "Let the sunshine in" s'imagine dans un tourbillon de couleurs. Rien n'est laissé au hasard, chaque strophe se devine dans une couleur différente : du fuchsia, du vert, du bleu électrique... Rien ne manque, la dernière strophe s'envisage en gris, celui de l'après : Comme un balancement entre rêve et réalité, entre passé et futur, comme un balancement présent dans le poésie de Didier en général.

En effet, il est question de la vie et la mort, de l’humanité et la déshumanité, du vrai et du faux, du politiquement correct, du leurre et de la quête du vrai...

Voici un recueil musical qui enchante le lecteur, peut-être par le rythme des vers qui évoque la vague et son ressac.

Des sujets d'actualité existentielle et des réalités humaines y sont traités avec sérieux et finesse. Des propos sur l'amour, la vie, le temps, la mort, avec quelques titres en anglais qui se réfèrent à des chansons connues de Simon and Garfunkel, Léonard Cohen, Bob Dylan...

Le chiffre 4 est un symbole de stabilité et de régularité comme en musique où la mesure à 4 temps qui est chiffrée 4/4. Par conséquent, les vers de quatre pieds ou de huit avec césure à quatre apportent cette stabilité et cette régularité aussi bien dans la forme que dans la musicalité.

Le peu de ponctuation rend le style léger et pur. C'est une poésie très agréable à lire écrite en langage moderne :

 

• "Un mega truc sublimissime - Qui jette un max...",

• "La rime est pauvre et pas terrible - le temps nous dribble...",

• "Google et le transhumanisme...",

et bilingue : les titres laissés en anglais donnent une atmosphère dynamique, innovante et internationale à cet ouvrage.

 

Ce recueil est une succession de tableaux doux et colorés mais aussi sombres et tourmentés, ainsi qu’en témoignent ces quelques vers :

• "Où l'on verra la vie en rose... On imagine un ciel tout bleu... (Labyrinthe),

• "La vie est comme un arc-en-ciel..." (What a wonderful world),

• "La nuit tombante/ Habille en noir..." (Adieu l'Eden),

• "Dans le bleu nuit d'un sombre ciel..." (I hope I die before I get old),

• "Un clair-obscur saisit mon âme - Un sombre azur fait pression..." (Vent d'hiver),

• "Horizon triste..." (How many times must the canon balls fly),

• "Ciel obscurci..." (Résignation).

 

Le premier poème (D'une encre grise) est une introduction au recueil. Le ton est donné. Il évoque une oscillation (le fameux balancement) entre le clair et l'obscur.

Les leurres dont est victime l'humanité y sont un sujet très important tout comme le sont les réalités de celle-ci :

• "L'humanité souffre meurtrie... Depuis toujours pleure la terre..." (Dans l'onde d'un rêve brisé).

Didier présente les différentes facettes de la folle pensée humaine :

• "Sa main de fer/ Est un enfer... Un flot de sang/ C'en est glaçant... (Intolérance).

Mais en contrepartie, la place et l’éternité de la poésie -qui soulage de cette insanité, fureur et perversion mentale- sont soulignées et mises en exergue !

 

Les poésies de Didier sont de véritables peintures musicales…

 

N.L septembre 2020”